« Céli’battants » 

La télé a mis en valeur de nombreux héros célibataires. Instit', avocat, juge, flic, médecin ou ange gardien: ils vagabondent d’aventure en aventure pour le bien de l’humanité, de leurs voisins ou tout simplement de l’école du quartier. Ils sont compétents, drôles, carriéristes et, au gré des rencontres, ils réalisent d’inlassables va-et-vient entre leur carrière et leur vie sentimentale souvent compliquée. En un mot ce sont des « céli’battants » !

Loin des caricatures du valet de chambre dévoué, le céli’battant est plutôt perçu comme un « Zorro » des temps modernes . Mais Zorro a maintenant ses petits coups de blues. Il lutte contre ses réflexes d’adolescent égoïste «cyber-cultivé» et lance deci-delà une pointe d’auto-dérision sur sa situation… (ne serait-ce pour cacher pudiquement des idéaux déchus ou inexistants !?).

Si les scénaristes s’intéressent autant à la vie en solo, c’est probablement parce qu’elle représente un véritable phénomène de société.  20% de la population française âgée de plus de 20 ans est concernée, ce qui ne représente pas moins de 12 millions de personnes ! (1) Alors, « Hors du couple, point de salut ! »: c'est le leitmotiv de milliers de sites de rencontres qui ont bien compris que « la vie en solo» représente un marché considérable, une cible marketing juteuse! Dans cet Eldorado du sentiment, beaucoup espère avoir « le déclic en un clic ! ».

Le marché de la rencontre s’appuie pour cela sur les difficultés affectives, sociales,  sexuelles, économiques ou fiscales (2) des personnes seules. La conférence des Evêques de France (dans un «Document Episcopat ») (3) consacré au célibat, offre une étude claire et approfondie sur cet état de vie. Cette étude montre tout d'abord que le célibat englobe des réalités très diverses. Cette catégorie inclut, en effet, les personnes non mariées, séparées, veuves, divorcées …

Sur le plan spirituel et ecclésial, la difficulté n’est pas moindre. Car il est difficile de se situer lorsque l’on n’est ni consacré, ni marié. Selon cette étude « Bon nombre de célibataires catholiques se sentent également défavorisés dans l’Eglise… ». Il est peut-être bon de rappeler, souligne la conférence des Evêques de France, que l’Eglise est l’endroit où chacun est reconnu et aimé en tant que personne unique: « Le Christ s’intéressait aux personnes indépendamment de leur statut matrimonial ou familial… »(4)

Document à commander, à lire, à diffuser !


(1) Selon le dernier recensement français de 1999. 12 millions de célibataires de plus de 20 ans : 6,6 millions d’hommes et 5,4 millions de femmes

(2) On mesure d’ailleurs  un déficit de niveau de vie de 30 % en comparaison d’un couple à deux salaires (ceci sans compter le niveau d’imposition.

 

 

(3) Documents Episcopat n°3/2010, Célibats célibataires, Quelles perspectives en Eglise ? (16 pages : 4,50 euros)

 

 

(4) Ibid, p 10

Article paru dans la revue Eglise de Saint Etienne en fevrier 2012