Quatre lettres emblématiques de Margaret Thatcher, l'ex-premier ministre d'Angleterre, décédée le 8 avril dernier. There Is No Alternative seraient les mots récurrents de la Dame de Fer prônant le libéralisme économique. Nous employons souvent l’expression dans de multiples circonstances. Que ce soit sur l’évolution des mœurs, la hausse des prix, la pollution… la phrase revient sans cesse ! Doit-on se contenter de dire : « Il n’y a pas d’autre alternative » ?

Bien sûr, nous n’avons pas de supers pouvoirs capables de renverser la face du monde. Pourtant, nous ne sommes pas non plus cette sorte de pantin-pachyderme fataliste qui se contente de regarder les trains passer.  Qu’en est-il de notre liberté dans un monde qui semble déjà prédéterminé ?

Où est notre Liberté en temps de crise ?

Déjà en leur temps, l’épicurisme et le stoïcisme faisaient front aux déterminismes ambiants. A leur manière, ils pointent l’importance d’une liberté intérieure en tant de crise. En bref, ils s’opposent à la fatalité, à l’inéluctable ! Comment vivrons-nous ce rapport à l’inéluctable au 21 ème siècle ?

Nous avons une possibilité d’auto-détermination mais il vise quelque chose de grand ! Pour Saint Thomas d’Aquin, l’homme est libre de ses actes. Et c’est précisément parce que l’homme est créé à l’image de Dieu qu’il est libre de ses actes. Il est profondément, naturellement libre. Il n’est pas une marionnette. Mais la liberté est un terme équivoque. Elle serait exigue si elle n’était que du libre instinct, du réflexe, de l’automatisme, du jaillissement spontané, ou des revendications personnelles…

La liberté n’est pas de l’ordre d’un confort individuel supplémentaire, elle ne réside pas seulement dans l’acte de choisir, ni dans la conquête de l’autonomie. Elle ne se limite pas non plus dans la revendication de ses droits… Elle est un dynamisme orienté vers le Bien Commun. Pour E. Mounier : « L’homme libre est l’homme responsable.» Il s’oriente et oriente l’humanité vers des valeurs transcendantales comme le Beau, le Vrai, le Bien…

Il y a toujours une alternative ! La liberté s’exerce à travers nos conditionnements.

Les grands mouvements de l’histoire le prouvent : les idéologies établies se renversent, se disloquent, se démantèlent derrière leur image pérenne. La guerre froide est restée froide, le bloc communiste s’est effondré, l’Apartheid n’a pas résisté au symbole d’un prisonnier politique. L’homme est toujours en capacité de se hisser au-dessus de ce qui le conditionne. Y compris devant des chars d’assauts réels ou idéologiques. Il peut même transformer les obstacles en tremplins.

Le printemps français entrera-t-il dans l’histoire ?

Le printemps français va-t-il incarner lui aussi un de ces grands mouvements de l’histoire ? Il est une pousse rebelle, une primevère qui s’épanouit là où on ne l’attendait pas…Va-t-il tourner à l’éphémère ? Il incarne en tout cas un de ces mouvements qui affrontent le  pouvoir établi  et institutionnel.

Le « mariage pour tous » veut adopter  les normes du « genre », mais il peine à nous faire « épouser » le déterminisme ambiant !

Il y a TOUJOURS une alternative, j’y crois dur comme fer !