family diner

 

 Il y a des choses qui ne changent pas…C’est immuable… Impromptue, surgissant au détour de l’immeuble, sur le marché ou servi au moment d’un repas familial….Elle arrive de nulle part … . LA question qui « tue» :

Au fils d’une conversation « météo », elle s’amorce de la sorte:

– « Tiens ! Toi qui es catho…Qu’est-ce tu penses de la fin du monde annoncée par les Incas le 21 décembre prochain ? (Vous n’aviez pas prévu de parler des fins dernières en achetant des poireaux !)

-« Au fait ! Toi qui es croyant… Tu ne penses pas qu’il faut lancer Vatican III ? (dommage vous venez juste de découvrir le II)

À propos ! Toi qui vas à la messe…» (Amorce redoutable au moment où vous vous apprêtez à avaler la première bouchée du rôti qui fait frémir vos papilles.)

Question curieuse, sérieuse ou légitime sur les positions de l’Eglise en matière d’éthique, question polémique appuyée de quelques clichés, question

 

explosive à désamorcer avec le tact d’un démineur, question faite de blessures  profondes qu’il ne convient pas de trop remuer…

On a beau fréquenter les bonnes conférences, lire de bons bouquins (ou ne pas dormir pendant les sermons), elle est toujours déconcertante la question sur l’Eglise souvent issue de reportages télévisuels chocs et de « révélations » INEDITES qui refont surface depuis la nuit des temps. Ils ont tellement d’impact ces programmes télé où se côtoient pourtant le vrai et le faux, la Foi et la superstition, la vérité et l’amalgame.

Vous rêviez d’un moment idéal pour annoncer l’Evangile ?: génial ! Mais attention voilà que notre réponse est attendue avec une précision d’expert, de Père conciliaire, d’exégète, ou de sage des temps modernes ! En un instant tous les regards scrutent votre inspiration (qui ne vient pas). De quoi vous mettre une légère pression….

Votre peau a atteint le rouge vif et d’onomatopées en onomatopées, c’est avec tristesse que vous constatez que votre rhétorique s’approche plus du mime marceau que de Saint Jean Chrysostome (que l’on nommait « bouche d’or » pour sa force de conviction).  Cela forge l’humilité ! Incapable de transmettre ses propres convictions. À l’aide ! Esprit Saint, es-tu là ?

C’est toujours « douloureux », mais cela aussi ne date pas d’aujourd’hui. Voilà le paradoxe de notre Foi, nous avons le « Verbe solitaire » ! Notre parole n’est pas toujours d’Evangile, nous sommes des cathos, peut être profonds, mais souvent pudiques. Et, il nous faut décaper cette pudeur ancestrale, ces blocages automatiques qui font de nous des cathos introvertis…

En cette année de la Foi, l’enjeu est de taille et l’attente de notre avis chrétien en société est plus important qu’il n’y parait. La Foi intrigue. Et, derrière la remarque fanfaronne ou caustique se cache des questionnements secrets. Incontournable, inconfortable ou dérangeante voici l’occasion idéale pour percer nos cuirasses de timidité et nous inviter à une prière confiante, à une paix intérieure, à une joie parfaite qui va mystérieusement …bien au-delà des mots.

 

Images empruntées du net