Femmes Parfaites?

Les années 70 et 80, recèlent de bien des trésors télévisuels qui ont plus ou moins façonné l’idéal féminin.
Les premiers téléfilms de l’époque présentent les femmes comme le fleuron de la réussite. Ce sont des wonder women affranchies des réalités ménagères. Elles ont le talent (non négligeable) de dénicher de méchants agents soviétiques, d’éviter une guerre bactériologique et  de découvrir les manuscrits de la mère morte à l’aide d’une épingle à cheveux ou d’une lentille de contact… Mais une question existentielle nous taraudait tous. Comment fait-elle pour arriver au bureau avec un costume trois pièces toujours impeccable ? Et comment fait-elle pour peaufiner son brushing entre deux guerres froides ?

Le mythe étant un peu trop surfait pour être enviable, l’héroïsme féminin évolue doucement vers un autre type de perfection : Notre amazone est toujours agent secret… mais son activité d’espionnage lui laisse heureusement le temps de remplir le frigo. De plus, elle rivalise d’imagination pour gérer la crise internationale discrètement entre la poire et le fromage mais reste joviale et disponible pour ses enfants et son mari. Bref, la femme parfaite sur tous les plans ! Cela prêterait à sourire si ce mythe de perfection ne continuait pas à imprégner nos idéaux de mamans y compris dans notre vie ecclésiale.

Pas besoin d’être historienne pour constater que le rôle des femmes dans la vie paroissiale et diocésaine a considérablement évolué au cours des cinquante dernières années. Palliant la chute du nombre de vocations, les tâches s’amplifient, s’intensifient : paroissienne, sacristine, chef de chœur, catéchiste, préparation au baptême, funérailles, animatrice en pastorale… Voici des engagements à trois cents pour cent qui cohabitent joyeusement (ou pas toujours) avec une vie de famille normale. C’est le lot courant de toute personne engagée dans la vie associative.

La tendance actuelle est à l’imperfection. Je m’explique : en l’an 2000, une ancienne journaliste de la BBC écrit un livre à succès au titre énigmatique : « Comment ne pas être une mère parfaite » Le but n’étant pas de renier tout effort vertueux…mais de faire chuter la pression de cet impérialisme de l’impeccable. Plus spirituel, un père Canadien : André Daignault propose un chemin particulier «  le chemin de l’imperfection » ou la Sainteté des pauvres.  Fini le sourire ultra brite, il s’agit de se reconnaître humble, pauvre et confiant.  Tout comme « la petite Thérèse »  se voyant élevée au ciel par un ascenseur très spécial : Les bras aimants de Jésus.
Une bonne lecture pour remettre tout apostolat dans les bras de Dieu. .. A méditer !

 

Ouvrages mentionnés :
Libby Purves « Comment ne pas être une mère parfaite » Pocket
André Daigneault « Le chemin de l’imperfection » Maison de l’emmanuel

Ouvrages mentionnés :
(1) P. Marie Eugène de l’Enfant Jésus, fondateur de l’Institut Notre Dame de Vie
Ouvrage cité  « Ton amour a grandi avec moi » NDV
(2)André Daigneault « Le chemin de l’imperfection » Maison de l’Emmanuel